Les Savigny de France et de Suisse

L'aile protectrice des cygnes

«Nous en avons sauvé plus des deux tiers. Mais nous pouvons encore faire mieux/", lance cette secrétaire de métier, qui voue la totalité de son temps libre à ses protégés. Des soins qui vont de l'administration de cachets et autres antibiotiques, à la réalisation de piqûres, en passant par les massages du cou ou le nettoyage des attelles, en cas de fractures de l'aile ou du tibia. Venus de Seine-et-Marne pour l'essentiel, ces cygnes ont été harponnés par des hameçons, pourchassés par des chiens errants ou victimes d'actes de malveillance. D'autres ont été attaqués par des renards, pris au piège des lignes électriques aériennes ou sont entrés en collision avec des poteaux téléphoniques. D'autres encore se remettent tant bien que mal d'un atterrissage « en catamaran » plus qu'approximatif...

Atterrissage en catamaran

"En 1995, j'ai recueilli un premier petit, dont la mère avait été dévorée par un renard. Je suis tombée sous le charme », sourit celle qui s'est récemment transformée en maçon pour bâtir, à l'intention de ses pensionnaires, un bassin dans son jardin. Ses rondes hebdomadaires, au fil des mares et étangs du dépar-tement, lui ont réservé bien d'autres découvertes. Comme celle de cette femelle et de ses six œufs. "Elle n'a pas survécu à une blessure. Les orphelins sont nés chez moi », explique Jocelyne Poyot. Sur les conseils d'un vétérinaire, elle place des poupées en celluloïd près de la couvée, pour « remplacer » leur mère... Les cygnons ont effectué leurs premiers pas avec force piaillements, devant le miroir de la chambre, et acquis les bases de la natation dans la baignoire de la salle de bains...

A la queue leu leu

"Lorsqu'on s'occupe de jeunes, ils finissent par vous prendre pour celle qui les a mis au monde. Et ils ne vous lâchent plus d'une semelle», confie leur mère adoptive qui, chaussée de cuissardes, a emmené chaque jour à l'étang les jeunes rescapés, dans une queue leu leu parfaite.

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-D'après un article paru dans le numéro d'avril 2003 de Réponse à Tout ( texte et photo d'Elisabeth Petit).